Le cadeau pour l'amateur de vin qui a déjà tout

Ton ami adore le vin. Il a la cave thermorégulée, les verres Riedel, sans doute deux tire-bouchons de trop. Trouver un cadeau pour un amateur de vin qui a déjà tout, c'est précisément le casse-tête que je veux t'aider à dénouer ici.
Le réflexe de l'accessoire, et sa limite
Premier instinct : l'accessoire. Le tire-bouchon fait main, la carafe plus sculpturale, le coffret de verres soufflés. Je comprends le geste, et je le partage : un bel objet de table fait partie du plaisir. Seulement, avec un passionné aguerri, le terrain est miné. Il a déjà son limonadier fétiche, celui qui tombe bien dans la main, et il y tient comme à une vieille montre.
Le tire-bouchon électrique, je le trouve un peu triste, je l'avoue. Il escamote le petit « poc » du débouchage, ce bruit que tout amateur attend. Résultat : deux usages, puis le fond d'un tiroir. Si tu pars malgré tout sur un objet, choisis-le utile au quotidien plutôt que spectaculaire cinq minutes.

L'objet qui change vraiment la donne
Il existe pourtant un appareil que je recommande sans réserve : le Coravin. Son inventeur, Greg Lambrecht, n'est pas un homme de cave. Ingénieur diplômé du MIT, il a déposé quantité de brevets dans le domaine médical, du côté de la chirurgie et de la cardiologie. L'intuition lui est venue une aiguille de chimiothérapie à la main.
Le principe est simple. Une aiguille fine et creuse transperce le bouchon, une capsule met la bouteille sous pression et pousse le vin vers l'extérieur. L'aiguille retirée, le liège se referme seul. Le gaz injecté est de l'argon, un gaz inerte qui n'attaque pas le vin : aucune oxydation, et le flacon continue de vieillir comme s'il n'avait jamais été ouvert. Ton amateur se sert un verre de son cru de garde et range la bouteille comme avant. Lancé aux États-Unis en 2013, le Coravin a depuis gagné les plus grandes tables.
Je l'ai vu à l'œuvre chez un ami collectionneur, terrorisé à l'idée d'ouvrir un vieux millésime trop tôt. Avec le Coravin, il le goûte une fois par an, à petites gorgées, et il guette le moment juste. Sache seulement que le ticket d'entrée n'est pas anodin : le modèle Pivot+, en bas de gamme, tourne autour de 150 à 200 € et conserve le vin quatre semaines. Les versions à aiguille, qui préservent des années, montent bien plus haut.
Le cadeau pour un amateur de vin qui a déjà tout : un kit d'œnologie immersif
Des cours d'œnologie, il en a sans doute déjà suivi quelques-uns. Mais pas un comme celui-là. À l'Académie CABVI, on a imaginé des kits d'œnologie qui mêlent le souffle d'une vraie aventure au contenu pédagogique d'un cours de dégustation sérieux. Le résultat tient en une soirée : cinq vins à goûter et à analyser un à un, portés par un parcours immersif qui s'ajuste à ce que ton ami a dans le nez et sur la langue.
C'est ce qui rend ce cadeau unique. Ton ami a goûté des centaines de bouteilles. En comprendre cinq vraiment, du premier nez à la finale, il ne l'a sans doute jamais fait. Et le souvenir reste, là où un objet finit au fond d'un placard.
S'il penche vers les rouges et veut démêler ses tanins de son boisé, la version rouge du parcours est un bon point de départ. Pour un amateur de blancs, curieux de leur acidité et de leurs arômes parfois déroutants, le parcours dédié aux vins blancs fera tout aussi bien l'affaire. Compte 39 € en solo, 59 € à deux, parce que ça se partage : on déguste côte à côte, on débouche une bouteille en chemin, on compare à voix haute ce qu'on perçoit.
Tu veux un cadeau que ton ami n'oubliera pas ? Il commence par ici, du côté de nos kits.
Le chapitre qui va avec
Chapitre I. Le Seuil (Version Rouge)
Les bases. Tu apprends à lire un vin.
Aiguiser le nez d'un dégustateur
Autre piste que j'aime beaucoup, parce qu'elle touche au cœur de mon métier : l'éducation du nez. Le Nez du Vin est un coffret de flacons d'arômes, ceux que l'on retrouve dans le verre ; sa collection la plus complète en réunit cinquante-quatre. On sent, on cherche, on finit par nommer. Plus difficile qu'il n'y paraît.
Une élève, le nez collé au flacon « poivron vert », ne trouvait pas le mot. Quinze jours plus tard, elle reconnaissait le sauvignon à l'aveugle, rien qu'à cette note végétale. Même un connaisseur chevronné y retrouve des sensations qu'il croyait émoussées.
Offrir une expérience plutôt qu'un objet
Quand la personne a vraiment tout, je glisse vers l'immatériel. Une visite, un atelier, un moment partagé. Ça ne s'entasse pas, et ça se raconte longtemps après.
Les Caves du Louvre, à Paris, en sont un bon exemple. La visite dure une heure, menée par un sommelier qui parle terroir, arômes et vinification avant de conclure sur une dégustation. Pour les plus mordus, il existe un atelier d'assemblage dont on repart avec sa propre bouteille. Créer sa cuvée, comprendre de l'intérieur ce qu'est un assemblage : peu d'amateurs s'y sont frottés.

L'abonnement à une box de vins fonctionne aussi, à condition qu'elle soit sérieusement sélectionnée et accompagnée de fiches qui expliquent. Le plaisir revient chaque mois, avec une découverte à la clé.
Un coffret prend la poussière. Une carafe se range et s'oublie. Mais ce qu'on apprend à goûter, on l'emporte dans chaque verre, jusqu'à la dernière bouteille de sa vie. Ça, même celui qui a déjà tout ne l'a pas forcément encore.